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Depuis 1980 environ, la varroase s’est répandue dans lemonde. On a rapidement compris qu’on ne trouverait pas
facilement un moyen de bannir des ruches ce type de maladie. Ce fait a
éveillé une grande partie des apiculteurs et les a incité à se poser la question : « quelles erreurs
avons-nous faites pour rendre nos abeilles si fragiles ? ». Diverses
idées ont été exprimées. Etant donné qu’au même moment avait commencé un débat
important sur l’environnement et la disparition de nombreuses espèces
végétales, certains apiculteurs ont cru avoir trouvé une des causes de
l’affaiblissement des abeilles. Alors on a abandonné l’idée selon laquelle le
rôle essentiel des abeilles serait encore aujourd’hui d’offrir du miel aux
hommes. On a pensé que cette attitude « matérialiste » face à
l’abeille pouvait nuire à la relation entre l’abeille et l’homme. On s’est mis
à défendre l’opinion selon laquelle l’abeille a pour rôle prioritaire de
féconder les fleurs et que le miel n’est qu’un agréable
« supplément » savoureux.
Quand, lors de
conférences ou de congrès apicoles, on est en contact avec les apiculteurs, les
conversations dans les pauses ou le soir permettent toujours de constater que,
pour l’apiculteur professionnel, le miel tient encore une place de choix. Un
des thèmes principaux est alors la récolte de miel et, dans bien des cas, on
reçoit alors, en tant qu’apiculteur, un bocal de beau miel d’un auditeur
apiculteur enthousiasmé. C’est naturellement un geste amical. Mais en tant
qu’apiculteur, on devrait si possible éviter d’offrir du miel à un autre
apiculteur, comme un vigneron n’offre pas son vin à un autre vigneron, car,
dans les deux cas, le cadeau ne sera pas consommé ou bu immédiatement, mais il
sera placé dans un lieu sombre et frais pour voir comment il évolue au cours du
temps. Ainsi j’ai reçu en cadeau, il y a trois ans, après un congrès apicole en
hiver, un bocal de miel qui, en peu de temps, a subi un
« changement » intéressant. Du miel apparemment d’un seul type s’est
différencié en deux types de miel dans le même bocal. Sur la photo on voit
parfaitement que le bocal de gauche contient deux miels différents. Le bocal du
milieu provient de la même année de récolte, celui de droite n’a que quatre
mois d’âge. Les deux bocaux de droite contiennent du miel de nos abeilles à Dexbach.
Qu’a-t-il pu se passer ? On dit certes que l’abeille
est fidèle aux fleurs, c’est-à-dire que, lors d’un vol, elle ne visite que les
fleurs d’une même espèce végétale. Mais étant donné que quelques milliers
d’abeilles vivent dans une ruche, elles vont aussi sur des fleurs différentes.
Les unes volent vers le trèfle blanc, les autres sont décidées à chercher un
autre miel (de rosée ???) Ou alors le miel de fleur est d’abord apporté
par les butineuses et, quand le miel de rosée commence, elles continuent avec
ce dernier. Et déjà, on extrait dans la centrifugeuse différentes sortes de
miel.
Tout cela n’est pas un problème en soi si l’apiculteur
soigne le miel d’une façon correcte après le passage en centrifugeuse.
L’abeille n’offre que la meilleure qualité de miel à
l’apiculteur. Seulement, une ruche n’a pas de zones de stockage de
miel spécial pour chaque sorte ; l’abeille rapporte le miel tel que
les plantes mellifères l’offrent jusqu’à ce que les cellules soient remplies et
que le miel soit mûr pour être operculé. C’est cela la qualité que nous
recevons des abeilles.
L’apiculteur désopercule alors les rayons de miel et les
centrifuge. S’il regarde attentivement dans la centrifugeuse, il verra qu’il y
a au fond de l’appareil différents miels. Maintenant,
il doit être conscient du fait qu’il ne doit pas oublier le brassage lors des
soins à donner au miel. Le brassage dans un baquet ou un seau permet de bien
mélanger les miels ainsi que d’amorcer une bonne cristallisation. Ce brassage
sera répété jusqu’à ce que la traînée qui se forme derrière la cuillère en bois
ou la spirale à brasser qui ne s’efface que lentement.
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miel fleur de cerisiers "Kirschblütenhonig" - Demeter Allemagne |
Curieusement, certains apiculteurs de différentes régions
sont d’avis que le brassage ne leur sert à rien et renoncent à ce travail. Le
résultat est très visible sur la photo du miel. Nous ne connaissons que peu de
miels, comme par exemple le miel d’acacia très liquide et qui le reste encore
longtemps après, de telle sorte qu’on puisse renoncer au brassage. Certains
miels à rosée ( ?) se comportent d’une
façon similaire. Autrement on devrait obligatoirement brasser les miels de
fleurs et les miels mélangés afin qu’ils cristallisent finement, car c’est seulement alors que
l’arôme du miel peut se déployer au mieux et être considéré comme un facteur de
la qualité du miel.
Quand l’apiculteur parvient à récolter le miel en jour-fruit
ou fleur, donc à extraire les rayons de miel de la ruche, il a les meilleures
conditions pour que son miel devienne une substance bien digeste, digne de
devenir une sorte d’aliment des mystères.
On avait demandé à Rudolf Steiner ce que devrait faire une
personne ne supportant pas le miel. Il a alors conseillé de trouver, ensemble
avec un médecin, une préparation à base de silice qui puisse rendre l’organisme
à nouveau apte à accepter le miel. Si le miel n’était plus nécessaire aux êtres
humains d’aujourd’hui, Rudolf Steiner se serait certainement prononcé à ce
sujet.
Après avoir centrifugé le miel, on le laisse se
« décanter » de un à trois jours, pendant desquels toute les petites
bulles et les particules de cire montent à la surface. Elles peuvent alors être
facilement rassemblées avec un racloir ou un ustensile similaire. Ensuite il suffit
d’ôter cette écume blanche avec une cuillère.
Maintenant l’apiculteur peut commencer le brassage. On fait
d’abord avec la spirale ( ?) ou la cuillère en bois à brasser du bord
jusqu’au milieu un mouvement en forme d’escargot ou de spirales, puis on
revient à nouveau du milieu vers le bord. Si l’on fait cela le matin et le soir
dans chaque baquet pendant deux à trois minutes, on pourra mettre le miel en
bocaux au bout de quelques jours. (3)
Questions : Pourquoi certains essaims n’ont-ils pas de
reine ? Pourquoi les essaims repartent-il ?
Comment traiter les essaims
Etant donné que les apiculteurs débutants sont de plus en
plus nombreux à faire essaimer leurs abeilles pour rendre leur apiculture plus
favorable à la vie des abeilles, de nouvelles questions surgissent pour
comprendre par exemple les raisons pour lesquelles un essaim quitte à nouveau
la ruche, ou pourquoi il manque de reine.
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Un essian dans le jardin de la Villa le Bosquet - © 2008 Jan Michael
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Voici un exemple typique : un essaim quitte la ruche et
se suspend à 1,5 m de hauteur sur une longue branche d’arbre. L’apiculteur va
chercher sa ruchette, la tient sous l’essaim, tape
fortement sur la branche, et voilà que l’essaim tombe dans la caisse. Il ferme
la caisse avec le couvercle, ouvre le trou d’envol et la pose exactement sous
l’endroit où l’essaim était suspendu. Peu de temps après, les premières
abeilles sortent du trou d’envol et commencent à danser, c'est-à-dire qu’elles
retroussent leur glande à odeur et se mettent à ventiler pour aider les
abeilles qui volent encore de ci de là à trouver la ruchette.
Si, au bout d’une heure, l’essaim est encore dans la caisse, on sait qu’on
tient aussi la reine. Si l’essaim repart et se suspend au même endroit, c’est
signe qu’il s’est trouvé sans reine et qu’elle a pu rester sur la branche avec d’autres abeilles.
Il faut alors recommencer la capture. Si, le soir, l’essaim n’a pas quitté la ruchette, on peut alors la placer dans une pièce sombre,
fraîche et bien ventilée. Le lendemain, vers le soir, on peut transvaser la
population dans une vraie ruche. On fait facilement l’erreur de nourrir
l’essaim pendant la nuit dans l’espace sombre. On prend alors le risque que
l’essaim ressorte si quelque chose lui déplaît dans la nouvelle demeure. Si,
par contre, il ne reçoit que peu de nourriture, il reste en général. La nouvelle
ruche devrait être traitée avec une flamme à gaz avant d’y introduire les abeilles. Alors
l’espace sent la propolis et la cire, ce qui plaît aux abeilles.
Si l’essaim s’est suspendu à un endroit difficile d’accès
d’où on ne peut pas capturer toutes les abeilles d’un seul coup, on doit
légèrement pulvériser de l’eau sur les abeilles restantes et les ramasser
ensuite avec une balayette pour les mettre dans un moule ou un seau et les
jeter ensuite devant le trou d’envol de l’essaim. Pour maintenir l’essaim en place, on devrait
lui donner des cadres à construire. On lui permet ainsi de se suspendre dans sa
nouvelle demeure. Ce que l’essaim n’aime pas beaucoup, ce sont des plaques de
cire gaufrée ou des rayons tout faits. L’essaim entré dans la nouvelle ruche ne
devrait être nourri que le lendemain. On ne peut renoncer totalement à le
nourrir que s’il y a abondance de nectar à récolter. Un essaim qui ne
reçoit pas suffisamment de nourriture pendant la phase de construction, ne se
développera pas bien pendant l’année. Si l’on veut stimuler l’instinct de
construction, on devrait procéder, les jours-terre, à une petite inspection
mais, pour les autres mesures de soin, préférer les jours-fleur.
Bien des jeunes apiculteurs s’étonnent qu’au bout d’une
semaine leur essaim n’a pas encore de couvain. Dans ce cas, il peut s’agir d’un
essaim supplémentaire dont la reine doit encore être fécondée. (3) Dans de tels
cas, on devrait placer quelque chose de bien visible devant la ruche afin que
la reine, de retour du vol nuptial, puisse retrouver son trou d’envol, ce qui, même
pour une reine, n’est pas si simple quand le front d’envol est conçu pour 10 à
20 populations.
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